samedi 23 février 2008

Edouard II, Christopher Marlowe, théâtre 71



Hier, vendredi 22 février, se jouait la dernière d'Edouard II, pièce mise en scène par Anne-Laure Liégois. Un régal. Un plaisir d'abord pour ceux qui ne connaissant absolument pas Marlowe. La pièce donne l'envie de lire ses pièces, et de les voir plus souvent mises en scène. La première crainte, celle de l'ennui face à trois heures de spectacle, se dissipe très vite... Car la mise en scène est intelligente et fait ressortir les enjeux principaux d'un texte trop inconnu encore. (Petit sondage auprès de mes camarades de lettres: un étudiant sur cinquante a lu du Marlowe.)

Tout, ou presque, est sombre; parfois une tache rouge -celle du sang-, une robe rouge -celle de la reine Isabelle- viennent ensanglanter le plateau.


Point de lourdeur cependant : de l'humour en contrepoint, du décalage, de la dérision, et un plateau dont la configuration provoque le mouvement. En effet, la première partie du spectacle se déroule sur une scène en pente - une pente assez raide - propice aux montées, aux chutes, aux déséquilibres.

Le déséquilibre est même corporel entre un roi maigre et une Reine Isabelle dodue. Le déséquilibre se joue aussi dans le langage. La traduction et l'adaptation de la metteur en scène et du dramaturge anglais Nigel Gearing, mêle noblesse et familiarité, langage tragique et moderne. Le texte est parfaitement intelligible et sensible. Au déséquilibre, à la chute, se superpose la faille du deuxième acte entre deux morceaux inégaux de cette scène penchée. Faille, prison du roi, tombeau noir, puant, boueux, excrementiel.



On apprend que ce ne sont pas les grandes idées qui gouvernent le monde. Seuls l'intime, l'amour, la haine, la soif de pouvoir, font histoire. Le temps, c'est du désir, l'histoire, ce sont les pulsions, le désordre, les complots, le sexe... Et sur cette pente, tout le monde glisse, tombe, roule, et ceux qui la remontent la redescendent. La vie privée fait la vie publique pour ce Roi qui fait passer la passion avant tout.

On apprend aussi l'importance de la poncutation. Il faut toujours penser à mettre la virgule. Ceux qui veulent comprendre pourquoi liront la pièce...


voir le dossier pédagogique:

1 commentaire:

Anonyme a dit…

baaah y'a du sang !!! ha nan j'aime pas (imitation mamounesque)
ils sont bêtes mes commentaires je dois paraître pour une débile T_T
Et j'en ai marre de marquer les lettres pour le code !!! pffff