lundi 4 février 2008

premier voeu: rire et penser au théâtre


Du 17 janvier au 2 février 2008 se jouait au Théâtre 71 de Malakoff une pièce dont le sujet est encore trop absent des scènes nationales. Pour le spectateur, les "meilleurs souvenirs de Grado" mis en scène par Benoît Lambert est l'occasion de se rafraîchir l'esprit et de réfléchir sur un sujet d'actualité mais jugé passéiste: la condition sociale, et même "la classe sociale et le divertissement". Que dis-je! J'ai employé là un terme qui a du sens aujourd'hui mais dont les attaches le banissent du langage contemporain. Anna et Karl sont en vacances, en Italie. Des loisirs. Deux ouvriers. L'histoire humaine de l'amour, l'histoire sociale, l'histoire de la société du divertissement. Une pièce dont je ne partage pas tous les partis pris de mise en scène, mais qui le mérite de poser les vraies questions et de nous faire penser.


Je ne me suis pas ennuyée. Je m'ennuis pourtant souvent au théâtre, et j'y vais peu. Je fais partie de ceux qui n'en n'ont pas les moyens, et de ceux qui ne trouvent pas ce qu'ils attendent au théâtre. Théâtre et politique font de moins en moins bon ménage. Théâtre et fête font de moins en moins bon ménage, il est même mal vu de s'amuser. Nous avons le choix, entre d'un côté rire bêtement, et de l'autre rester sérieux devant une mise en scène incomprise ( et donc géniale pour certains).

Malheusement, le théâtre reste une affaire d'initiés et de sérieux. Je voudrais retrouver Arlequin, je voudrais retrouver le vrai Brecht, et Vitez, et Goldoni.

Le JEU des acteurs a cédé la place à l'expériementation. Le théâtre est lucide mais salement lucide. Privé de poésie et de beauté. Privé de joie. Il est cruellement intellectuel, faussement ouvert, carrément élitiste, voire franchement ch.... J'aimerais voir plus souvent des pièces qui font oeuvre de pensée et de plaisir. Qui me montrent qu'en soulevant le rideau il y a l'ombre, mais aussi sa lumière.

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