mardi 5 février 2008

Vin et Poésie: Omar Khayam


Omar Khayam est un mathématicien, un astronome et un philosophe persan, et il est l' auteur de l'une des œuvres poétiques les plus célèbres au monde, les Robayat.

Né à Nichapour (aujourd'hui en Iran), Omar Khayam (ou Umar Khayyam) signait ses ouvrages du nom de Omar ibn Ibrahim al-Khayami, ce qui signifie «!Omar le fabricant de tentes!».

Le vin, la poésie, la joie, la femme sont ses thèmes de prédilection. L'humour et la mort s'y mêlent. L'amour de la vie est le seule raison d'être de ces textes.



"Ô homme insouciant ! ce corps de chair n'est rien, cette voûte composée de neuf cieux brillants n'est rien. Livre-toi donc à la joie dans ce lieu où règne le désordre (le monde) car notre vie n'y est attachée que pour un instant et cet instant n'est également rien. Lève-toi, viens, viens, et, pour la satisfaction de mon coeur, donne-moi l'explication d'un problème : apporte­ moi vite une cruche de vin, et buvons avant que l'on fasse des cruches de notre propre poussière.
Ô mon coeur ! tu n'arriveras point à pénétrer les secrets énigmatiques des cieux ; tu ne parviendras jamais au point culminant que les intrépides savants ont atteint. Résigne­toi donc à t'organiser ici-bas un paradis en faisant usage de la coupe et du vin, car là où est le paradis, y arriveras-tu ? tu n'y arriveras pas ?
Un matin, j'entendis venir de notre taverne une voix qui disait : À moi, joyeux buveurs ! levez-vous, et venez remplir encore une coupe de vin, avant que le destin vienne remplir celle de notre existence.
Une gorgée de vin vaut mieux que le royaume de Kavous ; elle est préférable au trône de Kobad, à l'empire de Thous. Les soupirs auxquels le matin un amoureux est en proie sont préférables aux gémissements des dévots hypocrites.
Au printemps j'aime m'asseoir au bord d'une prairie, avec une idole semblable à une houri et une cruche de vin s'il y en a, et bien que tout cela soit généralement blâmé, je veux être pire qu'un chien si jamais je songe au paradis.
Le vin couleur de rose dans une coupe vermeille est agréable. Il est agréable, accompagné des airs mélodieux du luth et des sons plaintifs de la harpe. Le religieux qui n'a aucune notion des délices de la coupe de vin est agréable, lui, quand il est à mille farsakhs loin de nous.
Le temps que nous passons dans ce monde n'a point de prix sans vin et sans échanson ; il n'a point de prix sans les sons mélodieux de la flûte de l'lrak. J'ai beau observer les choses d'ici-bas, je n'y vois que la joie et le plaisir qui aient du prix : le reste n'est rien.
C'est nous qui nous livrons aux volontés du vin, c'est avec joie que nous offrons nos âmes en holocauste aux lèvres souriantes de ce jus divin. Ô spectacle ravissant ! notre échanson tenant d'une main le goulot du flacon et de l'autre la coupe qui déborde, comme pour nous convier à recevoir le plus pur de son sang!
Ô échanson ! mets dans ma main de ce vin délicieux, de ce jus aux attraits d'une charmante idole, de ce nectar enfin qui, semblable à une chaîne dont les anneaux se tordent et se retordent sur eux-mêmes, tient et les fous et les sages dans une si douce captivité.
Cette hypocrisie, que je vois partout, ô échanson ! accable mon coeur d'ennui. Lève-toi et apporte-moi gaiement du vin, ô échanson ! pour t'en procurer, mets en gage et le seddjadèh et le téilessan. Peut-être qu'alors mes arguments reposeront sur une base plus solide.
Procure-toi des danseurs, du vin et une charmante aux traits ravissants de houri, si houris il y a ; ou cherche une belle eau courante au bord du gazon, si gazon il y a, et ne demande rien de mieux ; ne t'occupe plus de cet enfer éteint, car, en vérité, il n'y a pas d'autre paradis que celui que je t'indique, si paradis il y a. "


"Lève-toi, sors de ton lit, ô échanson ! donne, donne du vin limpide, ô échanson ! Avant qu'on fasse des cruches de nos crânes, verse du vin de la cruche dans le bol, ô échanson !
Ne t'inquiète pas des vicissitudes de ce monde d'inconstance ; demande du vin et rapproche-toi de ta caressante maîtresse, car, vois-tu, celui que sa mère enfante aujourd'hui, demain disparaît de la terre, demain rentre dans le néant. "


Et puis, il est vrai que de tels textes rénovent le regard que nous avons l'habitude de porter sur cette civilisation encore trop peu connue du grand public. La poésie réunit trois qualités majeures: la simplicité, l'amour, la lucidité aussi. Le paradis est ici, nous dit-il. Le bonheur aussi. Sa grande sagesse renforce même dans les plus profondes douleurs. Et si vivre sagement c'était vivre tout simplement?

1 commentaire:

vanya a dit…

bravooo lysiane pour cette belle site


Ghiyath ed-din Abdoul Fath Omar Ibn Ibrahim al-Khayyām Nishabouri:)