jeudi 13 mars 2008

Contre l'anti communisme primaire

Juste pour réagir à ce genre de phrase qu'on entend constamment, et que j'ai entendue puissance cinquante en cette période électorale: "le PCF existe toujours on se demande bien pourquoi..." Cette phrase est typique d’un français moyen qui juge que ce parti a des idées archaïques parce qu’on l’associe à des périodes de luttes qui se manifestent sur un autre mode. Personnellement je ne vote pas PCF, mais je trouve ce genre de propos totalement simplistes. On oppose toujours les réformateurs aux conservateurs. mais cette distinction est factice car tout dépend du sens des réformes. Les factions politiques d’extrême gauche en général se fondent sur d’autres valeurs parce qu’elles ne visent pas la même chose que les factions de droite et socialistes. Si chacun est cohérent avec les buts qu’il se fixe, tout parti a sa raison d’être. Le problème est que nous nous trouvons dans une ère de perversion de la démocratie. Le libéralisme nous est imposé comme une évidence (et d’ailleurs notre président ne fonctionne qu’en proférant des évidences qui n’en sont pas) et tout ce qui vient de l’extérieur est rejeté comme étant impensable. Le problème c’est que tout ce qui ne va pas dans le sens de notre "beau" système reste de l’ordre de l’utopie ou de l’archaïsme. Il n’est plus possible de penser contre un système en place, mais simplement à côté de lui malheureusement. La vraie différence entre la droite et la gauche se situe dans leur vision du "nous". Le "nous" de droite est une addition de "je" qui se fondent et se ressemblent, le "nous" de gauche est un tout des différences. Moi, si quelque chose me choque à notre époque c’est bien la permanence du rejet des différences de tous les côtés. Mais n’allons pas nous faire croire que seul est valide le "nous" de la droite. Il appartient à chacun de décider qui il défend ; mais méfions nous de ce faux pragmatisme qui nous parle de "principe de réalité" (auquel ne répondrait pas le PCF) en nous montrant une réalité déformée. Méfions nous de ce pragmatisme perverti qui nous fait croire que nous n’avons pas le choix, que c’est ainsi, qu’il faut de la croissance, qu’il faut de la consommation... C’est une volonté politique et la vie des citoyens est réglée là dessus. Le changement est une question de volonté politique, et les propositions du Pcf ne sont pas un non-programme mais un autre programme que l’on partage ou non. Attention à ne pas devenir intolérant.

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