lundi 12 mai 2008

"Brazil", Terry Gilliam

Le film culte de Terry Gilliam (1985) , l'ex Monty Python, est actuellement sur le petit écran de l'Action Ecoles.
Sam Lowry, un employé de bureau travaille pour le Ministère de l'information, plutôt satisfait de sa place et sans grande ambition. Il rêve toutes les nuits de libérer une belle jeune femme. Il finit par rencontrer celle qu'il désire à la suite d'une erreur informatique qui a conduit à une erreur de condamnation. Un chauffagiste, Archibald Tuttle est recherché pour insubordination. Il suffira d'un insecte pris dans l'engrenage de la machine pour que Tuttle devienne Buttle. Buttle, arrêté à la place de Tuttle, est torturé. Sam Lowry lorsqu'il se rend dans la famille de ce dernier, rencontre Jill, la femme de ses rêves. Commence alors son affranchissement. Se dégager de sa mère, de son patron passe alors par de petits actes à la dimension pourtant révolutionnaire : il fait réparer on climatiseur par Tuttle, refuse sa promotion au bureau des recoupements, suit Jill Layton, recherchée elle aussi, marche à l'envers du système...





Le film est à la fois onirique, effrayant, drôle. Un conte de fée et un cauchemar. Et cela donne un film génial. L'histoire se déroule "Quelque part dans le XX° siècle", ce qui la rapproche de l'utopie, dans un univers régi par la bureaucratie la plus extrême, un monde qui a privé de rêves et de liberté ses "habitants" matraqués de rêves et de maximes (tout est d'actualité). Brazil, ou une société totalement sécuritaire, surinformatisée et surinformée qui en devient absurde et cruelle. Un Etat de rêve qui devient un Etat de cauchemar. Ce système qui n'a pas de lieu pourrait bien être une version extrême detoute société.
C'est ainsi par la caricature des caractères de notre société que Gilliam en montre l'absurdité et le danger : la chirurgie esthétique, les repas servis en purée avec la photo du plat pour l'identifier, la Machine-reine, l'architecture agressive de la ville découpée en niveaux et en autoroutes, les employés de bureau désignés par des numéros inscrits sur la porte et non par leurs noms, Tuttle étouffé par la paperasse, la secrétaire qui retranscrit les paroles échappées des cris des torturés, les slogans propagandistes, la mort qui se dit "être hors jeu"... Terry Gilliam ne fait pas seulement preuve d'une incroyable imagination, il porte un regard inquiétant sur notre propre monde. "Brazil" est ainsi un film noir et fou aux tonalités multiples.

Un film euphorisant, inquiétant, drôle, délirant, satirique, à voir ou à revoir; pour se méfier aussi de tout ce qui vise à uniformiser, à lisser, à suspendre nos véritables personnalités...

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