vendredi 13 juin 2008

Das Leben Der Anderen

Après avoir revu ce film encore une fois, je pensais qu'il était juste de dire un petit mot de ce film, pour son traitement d'un sujet difficile et rendre hommage à son acteur principal Ulrich Mühe, décédé l'été dernier des suites d'un cancer.
Je rappelle la trame d'abord.

En 1984 à Berlin-Est, Gerd Wiesler (Ulrich Mühe) , officier de la Stasi, se voit confier la surveillance d'un écrivain de théâtre, Georg Dreyman (Sebastian Koch). Il ne se doute pas qu'il s'agit en fait d'une intrigue orchestrée par le Ministre de la Culture qui souhaite faire disparaître le dramaturge car il est amoureux de sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland. Le lieutenant Grubitz, qui dirige l'opération, espère quant à lui en tirer bénéfice pour sa carrière. Wiesler, célibataire, pour ainsi dire sans vie privée, découvre au cours de ses surveillances le monde de l'art, de l'amour et de l'ouverture d'esprit - horizons qui lui étaient jusqu'alors inconnus. Petit à petit, il va s'attacher à ce couple et le protéger grâce à de faux rapports...


Pour ma part, j'ai trouvé que le film était un quasi sans faute malgré quelques redondances. On remarque la présence de trois acteur du tout aussi bon film Amen : Ulrich Mühe (le docteur Mengele) , Ulrich Tukur (Gernstein) et Sébastien Koch (un officier allemand).



Ce n'est pas un film d'ignorant: le réalisateur, Florian Henckel von Donnersmarck a passé plusieurs années à effectuer des recherches sur le sujet. Cela se ressent : le film ne dit rien qui ne soit véridique et déroule en même temps une admirable fiction. Le film a été préparé avec soin: entretiens avec les témoins de l'époque, experts... Les acteurs du film sont eux-mêmes très concernés par le sujet, U. Mühe tout particulièrement puisqu'il a lui-même été surveillé par la Stasi. La plupart des décors sont des décors naturels, même les locaux de la Stasi qui sont les vériables locaux. Le film est d'ailleurs caractérisé par une atmosphère très particulière, due à un choix bien spécifique de couleurs.
Mais le film ne se contente pas d'être fidèle à l'histoire, il l'éclaire sous un jour particulier. Le sujet a beau être connu, il est ici développé avec des personnages justes. Un bon film que l'on peut qualifier de film d'Histoire et d'histoires. Ulrich Mühe est remarquable dans le rôle de l'agent de la Stasi, fort et vulnérable à la fois, homme seul et touchant, qui change progressivement. Rien de manichéen donc, mais une réflexion sur l'homme, sur l'observateur qui change à force d'étudier son objet. Certains ont reproché au film son caractère hautement fictionnel : un homme comme Wiesler n'aurait pas pu exister. Mais au fond, qu'importe? Il s'agit bien d'une fiction, qui ne prétend pas livrer une vérité historique comme un résultat scientifique. La vérité est dans la justesse des rapports humains à l'écran. Car La vie des autres s'émancipe de l'histoire tout en y restant attaché, et là est le talent. Un poème de Brecht est au coeur du film et ce n'est pas rien que d'en faire la clef d'un film qui aurait pu se réduire à l'historico-politique.
" An jenem Tag im blauen Mond September Still unter einem jungen Pflaumenbaum Da hielt ich sie, die stille bleiche Liebe In meinem Arm wie einen holden traum. Und über uns im schönen Sommerhimmel War eine Wolke, die ich lange sah Sie war sehr weiß und ungeheuer oben Und als ich aufsah, war sie nimmer da. "
Par un beau jour du bleu septembre
Silencieux sous un jeune prunier
Je la tenais, la calme et pâle aimée
Entre mes bras comme en un rêve tendre.
Par-dessus de nous, au beau ciel d'été
Il y avait tout là-haut, un nuage
Toute blancheur longuement je le vis
Et quand je le cherchai, il avait fui.
Brecht in "Souvenir à Marie A."

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