jeudi 17 juillet 2008

Feux d'artifices...


14 juillet 2008 : Fête nationale au cours de laquelle le pouvoir manifeste sa puissance, s'accorde la bienfaisance du peuple par une exacerbation des émotions collectives. Le modèle du futur citoyen a huit ans, il participe au porter de drapeau et symbolise (comme Guy Môquet), la jeunesse tout à son pays. Il est d'usage de célébrer la République par un pique-nique ("républicain" bien sûr) à Versailles ("pour le cadre" bien sûr, ou peut-être en manière de pied-de-nez à l'histoire, mais on en doute). La célébration insiste sur son caractère pacifique, fait taire certains en proclamant un 14 juillet de l'Europe ou un 14 juillet de la paix. Dans cette logique, il a semblé préférable de fêter l'événement accompagné de ceux qui ne partagent pas les valeurs de la République. On doutera que ce soit pour montrer l'exemple et on préfèrera l'hypothèse selon laquelle la fête nationale est une occasion pour le pouvoir de parader. Le Président "renoncera" à son droit de grâce, reliquat d'un privilège de Roi. De même, il renoncera à l'entretien avec la presse. Il préfèrera faire honneur à la république en ne conservant que la traditionnelle garden party, avec moins d'invités pour rester entre personnes qui s'entendent -ou qui souffrent. En tant que fête populaire, M. Sarkozy a pris le soin de nous donner encore un divertissement de plus par un grand concert. S'il n'entend pas les appels de ses opposants, il contentera les citoyens d'un pain musical médiocre. Il fallait bien un concert gratuit pour compenser les droits qui nous sont retirés. "Concert de la Fraternité" plutôt réussi, puisque pour une fois, nous étions à peu près égaux. Cette année marque donc un 14 juillet nouvelle formule, car comme tous les gens qui se prétendent modernes, il faut souvent changer le menu et nourrir les bouches de nouveautés. Le Président précise que c'est l'occasion de "mettre à l'honneur ceux qui ont traversé une épreuve" ou "qui se sont distingués par un comportement exemplaire". C'est l'occasion donc de tendre une oreille aux épreuves frappantes, à celles qui ne manqueront pas de toucher les citoyens, à celles qui relèvent de l'héroïsme. La deuxième oreille reste bien entendu fermée aux épreuves du quotidien de tous les autres. Des victimes et des fêtes, tout le monde n'aura pas digéré ce repas.
Heureusement, la légèreté d'un feu d'artifice a pu dissiper tout cela d'un coup d'aile coloré...

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