jeudi 3 juillet 2008

Non à l'autoroute à deux voies en Lozère!


Voilà plusieurs années qu'un projet de construction d'une seconde autouroute traversant la Lozère est en cours. Ce projet, inacceptable et motivé par le seul désir d'efficacité économique, s'oppose à la lutte des habitants et des associations. Il est cependant toujours à l'ordre du jour. C'est le genre de projet dont se désintéressent les citadins, et même d'autres, peut-être parce qu'ils ne se rendent pas compte de ce que signifie une nature sauvage, et peut-être parce que l'environnement, esentiel à notre vie, est encore vu comme une préoccupation de personnes idéalistes amoureuses des ptits oiseaux et des ptits animaux. Malheureusement, ceux qui luttent activement pour la protection de l'environnement ne sont pas des idéalistes ni des rêveurs gnangnan, ni des bobos écolos, mais les hommes et les femmes les plus attachés au réel et les plus lucides. L'association "non à la deuxième autoroute" en Lozère, est de ceux-ci. Je sais bien que cela intéresse peu de gens, mais ceux qui ont connu la Lozère se rendent compte que ce que l'on nomme "nature" ailleurs en France, n'en est qu'une pâle image.



Partout dans le monde émerge la prise de conscience de la crise climatique, due à nos rejets de Gaz à effet de serre (GES), dont le principal est le CO2. Et si en France nos émissions de ce gaz n'ont augmenté que de 3 % globalement entre 1990 et 2004, la part due aux transports a augmenté de 20 % ! Par ailleurs c'est avec raison que la France s'est donné comme objectif de diminuer ses émissions de CO2 par 4 d'ici 2050. Actuellement, tout le monde s'accorde à dire que la politique des transports (en France, en Europe, dans le monde) est nocive, dangereuse et sans issue. Les politiques à adopter pour faire face à cette évolution sont connues et d'autres pays on déjà commencé à mettre en œuvre les dispositions nécessaires pour inverser la tendance. Chez les citoyens consommateurs, on sait que les déplacements individuels en voiture seront de plus en plus chers et que les solutions alternatives (transports en commun, co-voiturage, déplacement à vélo en ville) doivent se développer. Dans ce contexte, le projet de création d'un axe à deux fois deux voies entre le Puy et l'A75 va encourager un développement des transports routiers (personnes et marchandises) et donc une augmentation des émissions de GES. Les investissements envisagés pour un tel projet (1 milliard d'€ annoncés pour 90 km) gagneraient à être consacrés à des projets alternatifs prenant réellement en compte l'absolue nécessité de réduire massivement la production de GES liée aux transports routiers (amélioration des transport en commun ou des dessertes SNCF, ferroutage) mais aussi d'un développement réellement durable et respectueux des ressources environnementales. Et donc de toute évidence, ce projet de 2x2 voies va exactement à l'encontre des solutions qui s'imposeront demain. Solutions qu'il faudrait mettre en place dès aujourd'hui pour ne pas hypothéquer l'avenir.

A l'heure où les produits écologiques sont à la mode, il serait temps de regarder en face le réel, d'apprendre à prendre ses jambes pour aller au travail, d'apprendre à construire des trains, à éteindre les lumières des centres commerciaux et des grands magasins la nuit, au lieu de détruire ce qui nous est le plus cher et de faire peser la responsabilité uniquement sur les particuliers : nous ne cessons pas d'être des consommateurs, nous le sommes tout autant, sauf que nous avons désormais la bonne conscience d'acheter une voiture écologique ou un maquillage bio. On ne peut que se révolter à l'idée qu'on menace une faune et une flore unique en France pendant qu'on nous sermonne pour être plus attentifs à l'environnement. Le "Grenelle" (nous sommes même obligés de le qualifier par ce nom qui connote le progrès, avant même que les résultats se fassent voir. Par avance, on nous a présenté ce projet comme une petite révolution) de l'environnement reste dans ce cas un mot vain.

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