vendredi 5 septembre 2008

Les petits poèmes du corps



Jacques Gourneau, dans l'Embrassement, enchantera le lecteur par ces petits poèmes du corps. Petits poèmes sur l'érotisme et la sexualité, sur la profondeur de l'amour du corps de l'aimé(e). On regrettera que ce soit encore un texte masculin, l'érotisme étant encore, en littérature du moins, trop l'apanage des hommes, les femmes prenant cette liberté encore trop peu souvent. Un livre à mettre entre toutes les mains pour mettre en appétit. Jacques Gourneau chante le corps féminin, il en témoigne avec des mots plus ou moins directs qui ramène la poésie à ce qu'elle a de plus terrestre et de plus réel. Il témoigne aussi d'une définition de la poésie amoureuse: on écrit parce qu'on aime, parce qu'on mouille ou bande pour un être aimé, pour un absent. Il reste quelque chose d'indicible dans ces paroles, quelque chose qui ne peut être comblé : il y a un gouffre entre l'amour et la célébration d'un corps. De là, l'étrange lassitude qu'on peut avoir en lisant ce livre, ces mots qui creusent le désir plus qu'ils ne le disent. Peut-être aussi parce qu'on ne peut pas poétiser ce qui, dans la réalité, peut ne pas avoir de limites. Le trop plein poétique de cette érotique des mots a au moins la vertu de vous donner l'envie de revenir au réel. "ça sent le doux et l’aube", dit-il, "tout cela est beau tellement beau que les mots n’existent plus", et c'est tant mieux.

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