vendredi 27 février 2009

L'homme et le ciel


L'université Paris 7 a inauguré hier l'année de l'astronomie par une conférence intitulée "la Terre vue du ciel et le Ciel vu de la Terre". L'astrophysicien Pierre Léna et le géophysicien Didier Massenet ont donc dialogué autour de ce vaste thème. Je précise qu'il s'agit de rencontre ouvertes au public. Malheureusement, l'amphithéâtre était loin d'être plein. Si les réseaux fonctionnent bien au sein de l'université, le grand public ignore que ce type de manifestation a lieu, et c'est réellement dommage pour ceux qu'intéressent la physique et l'astrophysique. Comme toujours, Pierre Léna est limpide et passionnant, en tout cas pour une simple amateur. Malgré la complexité du sujet, les deux intervenants ont posé des questions fondamentales.

D'abord, celle de l'interdisciplinarité. Nos disciplines sont désormais cloisonnées, on isole les scientifiques des littéraires. Plus encore, les étudiants déserteraient les études scientifiques. En fait, ce sont les études disciplinaires scientifiques qui sont désertées, les écoles de commerce, d'ingénieur, d'agro ou d'industrie n'ayant aucune peine à attirer les étudiants. Pourquoi? Comme le soulignait Pierre Léna, l'astrophysique est lié à la philosophie, à la question de l'être et de l'origine. C'est en cela qu'elle se rapproche de l'art. Tous les intervenants ont ainsi tenté de répondre brièvement à cette question: "A quoi ça sert?". Parce qui notre curiosité et notre soif d'apprendre nous porte à certains questionnements, d'autres n'ont malheureusement ni le luxe ni le temps de le faire.

Pierre Léna, désormais à la retraite, est un homme admirable justement parce qu'il n'est pas qu'un scientifique. C'est un homme qui pense la science. Le résultat scientifique va plus loin que lui, il est toujours relié à l'histoire, à la pensée. Son propos était de brosser un tableau de l'évolution de la vision du ciel au fil des âges. Il rejoint à certains égards celui de Koyré dans son ouvrage du monde clos à l'univers infini , car il montre à quel point les révolutions scientifiques nourrissent les évolutions philosophiques et inversement.
Didier Massenet quant à lui, a abordé les question de l'observation de la terre depuis le Ciel, sujet aussi intéressant. Le grand paradoxe que l'on retient de tout cela, c'est que l'astronomie a permis de mieux comprendre notre terre. Et autre paradoxe, souligné par Pierre Léna: le géophysicien regarde la surface de la terre, donc le présent, l'astronome, lui, regarde dans le passé. Et c'est peut-être ce qu'on souhaiterait comme progrès : avoir des nuits moins lumineuses, et que chacun puisse au moins une fois dans sa vie regarder dans le passé.
Il est des enfants qui n'ont jamais vus d'étoiles. Nous sommes loin du progrès.
page de Pierre Léna:
l'université paris 7 organise de véritables soirées d'observations ouvertes à tous: l'occasion de regarder le Ciel en plein Paris:

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