samedi 29 août 2009

Pourquoi ce blog change t-il de nom?

Un petit billet pour ceux qui seraient déstabilisés par le changement de nom du blog (non le changement d'adresse). Le blog ne fera pas peau neuve mais il mûrit. Après quelques pérégrinations sur l'immense toile du web, je me rends compte que nous sommes des milliers à partager l'amour de la poésie, de l'art, de la beauté et de la vérité. Les commentaires sur ce blog le prouvent et je remercie ses lecteurs de passage ici. Le blog change de nom parce que l'identité d'un site tient non seulement à son créateur mais aussi à ses passagers, à ses compagnons fugaces. Tant de choses peuplent l'univers d'internet que nous y sommes vite des nomades un peu seuls. C'est pourquoi j'ai voulu mettre en avant la vocation essentielle de la tenue du blog: le partage et l'échange.
Les amours qui nourrissent ce blog nécessitent ce partage, cette diffusion. Ce que l'on appelle toile est en réalité un immense méli-mélo, parfois un peu sauvage, dans lequel les amateurs de poésie, les poètes, les écrivains et les écrivants, les artistes, ne trouvent pas leur place. Nos voix se perdent faute de se rencontrer. La technologie n'a pas qu'un potentiel destructeur et bien utilisée, elle pourrait permettre de relier, de recréer des solidarités. Après avoir tenu ce blog pendant un an et demi, j'ai simplement voulu insister sur mon désir de transmission. Notre temps a besoin de passeurs. La passion de la sécurité étouffe ceux qui veulent vivre et créer. Les bloggeurs ont aussi leur modeste rôle à jouer. Pour que les artistes participent au monde. L'avantage du bloggeur est de pouvoir parler à tous, il peut diffracter la lumière pour tenter d'en faire un bien collectif :
Un désir immense de lumière partageable
(Lorand Gaspar).
Bref, ceci n'est qu'un petit changement d'identité pour marquer le refus de m'enliser dans la critique individuelle, l'opinion solitaire. On prend plus de plaisir ensemble. Ma passion pour la poésie et l'amer constat de sa mise à l'écart justifie donc cet intitulé: travailler à la permanence de l'artiste parmi ses semblables, les hommes. Les comédiens résistent mieux à cette crise parce qu'ils continuent à travailler parmi les autres, dans les gares, les écoles, les médiathèques, les rues. Les poètes manquent de voix souvent, alors qu'ils sont nombreux. Et leurs interprètes se font rares. A quoi bon être poète, à quoi bon aimer la poésie si nous ne sommes pas capables d'enchanter le monde, mais seulement capables d'enchanter notre monde? Il existe des hommes et des femmes qui proposent, qui tendent au monde un autre visage, qui veulent bouffer le monde, forcent les portes des administrations, des bureaux, des écoles, se glissent dans les interstices, déambulent avec la poésie. C'est pourquoi j'ai rebaptisé les liens vers les sites "les passeurs" et les liens vers les blogs "les diffuseurs". Cela donnera, je l'espère, quelque chose comme un nous immense.

5 commentaires:

Mathieu a dit…

j'applaudis.

Isabelle a dit…

Moi aussi, chapeau, je reste admirative....

Petit Poucet rêveur a dit…

Un petit billet...d'une grandeur incontestable.

Lysiane Rakotoson a dit…

Merci Petit Poucet, j'ai été faire un tour sur votre blog qui a trouvé sa place dans "les diffuseurs". A très bientôt.

Petit Poucet rêveur a dit…

Merci pour cette reconnaissance, déjà.
(Mais vous m'avez mise deux fois...)
Merci aussi pour votre sourire.