samedi 5 décembre 2009

"Un pour tous, tous pour un" (1)

Ou la pensée française soit le principe des trois parties trois sous parties un exemple par partie un argument une accroche une conclusion une ouverture – une dissertation.



Ou l’anti-principe de destruction.


Ou la réflexion centripète. La partie pour le tout, le tout pour la partie.



En 2009, la tendance est surtout au « un pour tous ». Un état, une nation, une culture, une langue dans laquelle doivent se glisser les étrangers, les différences, les nouveautés, les créations. Comment préserver ce qui est tout en créant, renouvelant. Comment garder sans détruire ?

 

L' attitude consistant à toujours refuser droit d’entrée à ce qui étranger à un état de départ est plus forte que jamais aujourd’hui. Il ne s’agit pas seulement de la langue, mais de la culture, et même du pays. On peut considérer qu’il y a la culture et que tout ce qui en diffère n’est que création dégénérée (je pense au slam, au rap, à certains arts vivants). Mais on peut aussi choisir de les regarder comme des nouvelles formes d’expression avant de les exclure de la Culture. Comment une chose peut-être finir par faire partie intégrante d’un tout si elle n’est pas acceptée à un moment ou à un autre pour ce qu’elle est ?

           Le raccourci semblera peut-être trop abrupt, mais il en va de même pour l’identité nationale, débat inutile resservi par nos gouvernants. Oui, il est possible de considérer qu’il y a la France, son unité et que tout ce qui y est étranger ne fait pas partie de son identité et doit donc en être exclu ou doit y être intégré sous certaines modalités. Ou bien, l’on considère qu’une nation est en perpétuelle évolution, que tout ce qui y vient de nouveau et de différent deviendra endogène au système. Si l’étranger et le différent n’existaient pas, il y aurait alors qu' une langue, une identité nationale, une culture. Il me semble que la dérive normative est de plus en plus forte par les temps qui courent. Dérive qui vise à faire de tout ce qui n’est pas historiquement existant un élément perturbateur, altérant l’état présent. Mais qu’on se le dise, dans un siècle, nous ne serons plus ce que nous sommes, le slam fera partie de la culture, l’islam sera considéré comme partie intégrante de notre pays (si l’on est optimiste). La leçon que donne le réel aux conservateurs et aux réactionnaires, c’est celle de la transformation.



2 commentaires:

Marcel Trucmuche a dit…

Le changement est le perpétuel problème de notre pensée. La science elle-même s'appuie sur des axiomes dans un univers qu'elle considère pourtant en expansion...

Faire intervenir le changement, du moins le "changeant", dans la pensée équivaut à renier tout espoir de sécurité scientifique dans la pérennité. Le "changeant" est pourtant moteur essentiel du vivant. Toutes les tentatives de l'Humanité de fixer son savoir ou son avoir font au bout du compte lettre morte.

J'ai en tête la chanson des Doors et le texte de Morisson, dont voici une modeste traduction :

The Changeling (L'interchangeable)

Je vis içi et je vis là,
Je vis partout dans la ville.
J'ai eu du fric, j'ai été sans (x2)
Mais je n'ai jamais été trop fauché pour quitter la ville.

Je suis interchangeable, regardez-moi changer (x2)
Je suis l'air que vous respirez, la nourriture que vous mangez,
Les amis que vous saluez dans la rue grouillante.
Regardez-moi changer, regardez-moi changer.

Je quitte la ville par le train de minuit,
Vous allez me voir changer,
Changer, changer, changer,
Changer, changer, changer...

http://www.youtube.com/watch?v=WSE33xSkmUo

Lysiane Rakotoson a dit…

Cher Marc,

Merci pour ce commentaire très éclairant! "Vous allez me voir changer"... Le "changeant" est le moteur du théâtre aussi...!