jeudi 10 février 2011

Chedid, au plus dénudé de la poésie

Andrée Chedid affirmait qu'elle conservait toujours sa foi en l'homme, en la poésie. Elle qui célébrait le désir, loin de l'optimisme positif des slogans publicitaires et des injonctions de la société contemporaine. Chedid disait ainsi chercher à être "au plus dénudé de quelque chose". J'ai donc choisi pour hommage ce poème qui parle de lui-même.

Le combat délivre



J'ai racheté la nuit
Avec une cigale
Avec un coq
À la crête foudroyée


J'ai ramoné la nuit
Au surplis de l'aube
Par un essaim de rêves
Je l'inquiétais


J'ai escorté la nuit
Pour me faire à ses plages
J'ai tailladé l'ardoise
Avec le cri


Mais la nuit est la nuit
Et la nuit demeure
Sa part de jour
Encore en sa nuit.

Andrée Chedid ("Double-pays", 1965 - repris dans "Textes pour un poème - 1949-1970 " - éditions Flammarion, 1987)

L'on peut écouter ou réécouter de très beaux hommages sur France Culture: hommage à Andrée Chedid

1 commentaire:

Victor Dali a dit…

Ses vers éclairent les tréfonds de la nuit.
Merci pour ce partage.