vendredi 26 août 2011

Frère, Isabelle Damotte

 
Si la mort d'un enfant est une chose indicible, Isabelle Damotte l'évoque avec pudeur dans le recueil Frère. La perte et l'absence de l'enfant sont racontées par le frère et non par les parents. C'est ce point de vue si juste sur la mort, celui non de l'adulte, mais de l'enfant, qui permet à Isabelle Damotte de parler d'une chose grave sans lourdeur. Ce petit livre est sublime par sa simplicité. Au plus juste, l'écriture laisse saillir un manque, une douleur, sans jamais l'exhiber.

Est-ce dedans ou dehors
la caresse confiante
de l’été

Est-ce dedans ou dehors
ta joue et la mienne
appuyées
contre le ventre
arrondi

Je répète ton prénom
Léopold

Pierre feuille ciseaux
je suis l’aîné

Cette année j’apprends à lire
mais je sais compter déjà
C’est presque mon anniversaire
et je t’attend
s.

Frère, Isabelle Damotte, Cheyne, 2011.

2 commentaires:

Marcel Trucmuche a dit…

Merci.

MarieB S a dit…

A ISabelle Damotte
Quel renversement cet après midi, quel bouleversement, quelle révélation aussi cet après midi. Vous entendre parler de ce recueil à mes élèves et réaliser que vous parliez de moi, de mon frère... de mes frères et de ma petite soeur. je n'en reviens encore pas. chaque mot chaque image que vous avez offert résonne, cogne dans ma tête, mon coeur, mes poumons depuis cette après midi à Tence. Tout est juste, dans la juste proportion, avec cette juste pudeur. Je ne reviens pas d'une telle adéquation. je vais offrir votre recueil à mes frère et soeur et peut être que nous pourrons parler pour la première fois depuis 34 ans de ce petit Sylvain qui a laissé un grand vide...