mercredi 24 août 2011

Nostalgie de la lumière


Le documentaire de Patricio Guzman, "Nostalgie de la lumière", est un film éblouissant et qui possède les indéniables qualités du documentaire. Patricio Guzman signe sont troisième film après "Le cas Pinochet" (2001) et " Salvador Allende" (2004). Le réalisateur reste hanté par la question de la mémoire. "Nostalgie de la lumière" l'aborde en mêlant réflexion politique et scientifique et tente de montrer à quel point l'histoire du Chili et l'astronomie sont toutes deux liées par cette nécessaire recherche des traces. Le film concentre de nombreux questionnements et observations, tisse des liens entre les choses en laissant au spectateur le temps de cheminer.


 
Guzman situe son documentaire au Chili, dans le désert d'Acatama. Ce lieu n'est pas anodin car cet espace concentre, paradoxalement, des traces précieuses. Les premières sont historiques et politiques. C'est effectivement dans ce désert qu'ont été enterrés et cachés des centaine de corps de prisonniers politiques sous Pinochet. C'est aussi le lieu où les astronomes se rassemblent pour observer les étoiles. C'est enfin un des lieux qui conserve intact de nombreux restes archéologiques.

Le documentaire esquisse quelques portraits d'être toujours aux prises avec la mémoire. Comment avancer lorsque l'on a pas réglé sa propre histoire? Pour tourner une page, encore faut-il l'avoir lue, semble dire Guzman. 
 Le réalisateur fait le va-et-vient permanent entre ces trois quêtes à la fois incomparables et semblables : celle de l'astronome les yeux tournés vers le ciel, celle des femmes qui recherchent depuis des années les corps de leurs disparus dans le désert et celle des archéologues qui reconstituent le passé. 

"Nostalgie de la lumière" possède une réelle force poétique et montre que la mémoire est essentielle au devenir d'un pays. Il montre à quel point le politique et le scientifique sont liés tout comme le cosmique et le microscopique. Le film mêle Nostalgie de la lumière" mêle donc beauté et profondeur, en tentant de montrer que les questionnements existentiels trouvent leur réponse tant dans la terre que dans le ciel. Il n'est pas vain de fouiller le ciel rempli d'étoiles ou d'exhumer des poteries en terre cuite, car, comme le montre Guzman, la vie humaine ne peut se passer de traces.


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