mardi 8 mai 2012

La loi du romanesque

La poésie oblige l’individu à devenir un lecteur et non un spectateur. Si l’on peut rester spectateur de l’histoire d’un roman, il est impossible d’être spectateur du poème -sinon, on ne le lit pas, on y reste extérieur. Celui-ci force la concentration, l’attention. De plus, il invite à être un lecteur sensible qui rêve. Si la fiction peut être une illusion, le poème ne l’est jamais. La fiction prend, le poème suggère. La fiction emporte, le poème recentre

La narration reste une représentation du monde tel qu’il existe. La poésie en revanche, ne raconte pas le monde ni ne le met en scène. Elle est une expérience du monde vécue par le poète et par chacun des lecteurs. 

Le roman est devenu la forme privilégiée dans laquelle le monde se mire. La forme même de la narration oblige à parler au monde dans son langage. La poésie quant à elle n’est ni analytique, ni philosophique. Elle n’est même pas un point de vue sur le monde. La poésie n’est pas non plus contemplative dans la mesure où elle agit dans le langage même.


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