mardi 8 mai 2012

La poésie aux poètes?

Le principe de la résidence est le compromis trouvé par la poésie pour produire quelque chose de visible et de représentable à un monde donné. Elle s’enferme alors dans des contraintes spatiales et temporelles imposées de l’extérieur. Le poète se voit ainsi obligé de faire partie d’un monde organisé pour lui dans un monde plus vaste où il croyait n’avoir pas de place. Mais au final, le résultat est le même. Sa création n’est pas libre absolument. Et il trouve une place dans un monde constitué en tribu ou en caste. Les poètes réagissent ainsi à l’hostilité du monde en se constituant en micro-monde. Contre les circuits fermés, il apparaît indispensable de choisir d’autres modes d’action avec le  monde. De plus, le système nous laisse penser qu’il est normal que toute production se fasse sous condition. Il faut donner de la valeur à la création, mais sans la soumettre à la logique de l’efficacité. 

La multiplication des prix de poésie est à cet égard dangereuse. Le poète se met ainsi à chercher les égards de ce qu’il pense être « ses pairs » (les poètes) alors qu’il devrait chercher la rencontre avec ses véritables pairs (les hommes). 

Ce que l’on appelle poète est un être qui aime plus la vie que la poésie même. Sinon, cela s’appelle un écrivain. Le premier cherche à être, le second à écrire.

1 commentaire:

Serge Marcel Roche a dit…

Je découvre avec joie votre "Diffuseur poétique".
Oui, la vie n'est pas plus que la poésie.
Reverdy le disait : "L'art pour l'art, la vie pour la vie, deux points morts.
L'art par et pour la vie, la vie pour et par l'art." (Le livre de mon bord)
Vivant en Afrique centrale, en un lieu où la connexion est lente et incertaine, j'espère néanmoins pouvoir, avec le temps, vous lire davantage.
Cordialement